Yvonne Alexieff

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Yves Bonnefoy est né à Tours le 24 juin 1923 d'une mère institutrice et d'un père employé de chemin de fer. Il poursuit des études de mathématiques et de philosophie à l'université de Poitiers puis à La Sorbonne où il reçoit notamment l'enseignement de Gaston Bachelard. Il est, dès l'adolescence, profondément marqué par la lecture de Baudelaire, Rimbaud et Mallarmé puis, plus tard, par sa rencontre avec André Breton et les surréalistes.

Ses premiers textes (La révolution la nuit, Les deux sœurs et Troisième convoi) paraissent en 1947 dans des revues à petit tirage. Son premier recueil poétique Du mouvement et de l'immobilité de Douve est publié en 1953.

L'écriture poétique d'Yves Bonnefoy va de pair avec son travail de traducteur commencé en 1951 avec la traduction de textes de Shakespeare (Henry IV, Jules César, Hamlet, Le conte d'hiver...). Des ouvrages publiés (Un rêve fait à Mantoue en 1967 et Rome 1630 en 1970) témoignent de son intérêt marqué pour l'art de la Renaissance et l'art Baroque, découverts au cours de voyages en Méditerranée. De 1966 à 1972, il participe à la revue L'Éphémère.

Après avoir été professeur d'université, il est élu en 1981 au Collège de France.

Bibliographie sélective poésie :

L’heure présente, Le Mercure de France, 2011

Raturer outre, Galilée, 2010

Les planches courbes, Gallimard, coll Poesie/gallimard, 2001

Théâtre et poésie, Mercure de france, 1998

La vie errante suivie de Une autre époque de l'écriture, Mercure de France, 1988, rééd. Gallimard en 1997

Rue traversière et autres récits en rêve, Gallimard, 1992

Début et fin de la neige, Mercure de France, 1991

Bibliographie sélective essais :

Palézieux, Skira, 1994, rééd. La Dogana 2000

La communauté des traducteurs, Presses universitaires, 2000

Baudelaire : la tentation de l'oubli, BnF, 2000

Lieux et destins de l'image, Seuil, 1999

Zao Won-ki, La Différence, 1998

Scherzo, Scherzo, 1997

 

 

Pierre Dhainaut est né à Lille en 1935. Avec Jacqueline, rencontrée en 1956, il vit à Dunkerque (où s’effectuera toute sa carrière de professeur).

Après avoir été influencé par le surréalisme (il rendit visite à André Breton en 1959), il publie son premier livre, Le Poème commencé (Mercure de France), en 1969. Rencontres déterminantes parmi ses aînés : Jean Malrieu dont il éditera et préfacera l’œuvre, Bernard Noël, Octavio Paz, Jean-Claude Renard et Yves Bonnefoy auxquels il consacrera plusieurs études. Déterminante également, la fréquentation de certains lieux : après les plages de la mer du Nord, le massif de la Chartreuse et l’Aubrac.

Une anthologie retrace les différentes étapes de son évolution jusqu’au début des années quatre-vingt dix : Dans la lumière inachevée (Mercure de France, 1996). Ont paru ensuite, entre autres : Introduction au large (Arfuyen, 2001), Entrées en échanges (Arfuyen, 2005), Pluriel d’alliance (L’Arrière-Pays, 2005), Levées d’empreintes (Arfuyen, 2008), Sur le vif prodigue (Éditions des vanneaux, 2008), Plus loin dans l’inachevé (Arfuyen, 2010, Prix de littérature francophone Jean Arp) et Vocation de l’esquisse (La Dame d’Onze Heures, 2011). Ces recueils pour la plupart sont dédiés aux petits-enfants. Il ne sépare jamais de l’écriture des poèmes l’activité critique sous la forme d’articles ou de notes : Au-dehors, le secret (Voix d’encre, 2005) et Dans la main du poème (Écrits du Nord, 2007).

Nombreuses collaborations avec des graveurs ou des peintres pour des livres d’artiste ou des manuscrits illustrés, notamment Marie Alloy, Jacques Clauzel, Gregory Masurovsky, Marc Pessin, Yves Picquet, Isabelle Raviolo, Nicolas Rozier, Jean-Pierre Thomas, Youl, etc. À consulter : la monographie de Sabine Dewulf (Présence de la poésie, Éditions des vanneaux, 2008) et le numéro 45 de la revue Nu(e) préparé par Judith Chavanne en 2010.

Il a publié en 2013 La parole qui vient en nos paroles, une autobiographie critique (L’Herbe qui tremble), et Rudiments de lumière, des poèmes (Arfuyen), pour lesquels il vient de recevoir le Grand Prix de Poésie de la Société des Gens de Lettres, et en 2014, De jour comme de nuit, avec Mathieu Hilfiger, aux éditions Le Bateau Fantôme.

 

 

Mathieu Hilfiger est né en 1979 à Strasbourg. Il crée une œuvre polymorphe sans discrimination de formes : poèmes en vers et en prose, théâtre, fragments, proses, articles, entretiens, etc., souvent présentés dans des ouvrages ou des revues. Il s’intéresse particulièrement à la question de l’origine (la nuit, les lieux, l’enfance, la prédation, etc.) et construit un triptyque en prose de fragments intitulé Vestige, dont le premier volet, Nuit Primitive, est déjà achevé. Après l’aventure de la revue Le Bateau Fantôme, il lance en 2014 la maison d’édition littéraire éponyme, tournée vers les marges de la création.

Dans sa préface aux recueils de 2009 D’une craie qui s’efface et Reflets et Disgrâce (L’Harmattan), Pierre Dhainaut écrit : « Aucun poème de Mathieu Hilfiger qui ne constate loyalement combien nous sommes entravés ou meurtris, aucun qui ne se dresse et ne défie, en tremblant, l’opacité : la voix qui dit ‘’l’exil’’, qui l’éprouve en sa profondeur, appelle également un ‘’royaume’’, elle respire au large, c’est une ‘’voix d’enfant’’. Avec Mathieu Hilfiger les commencements sont perpétuels. »

Derniers livres parus : De jour comme de nuit, avec Pierre Dhainaut (Le Bateau Fantôme, 2014), L’Aube animale (Recours au Poème, 2015, e-book), et en tirage de tête papier, et Les Résidents, (Thot, 2016, théâtre).

 

 

Nicolas Hilfiger, né à Strasbourg, est peintre. Après un diplôme d’État d’illustrateur à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles en 1999, il engage une pratique picturale originale dans laquelle la présence et la forme tiennent une place centrale, tout en donnant écho aux maîtres de l’histoire de la peinture.

 

 

Jean-Pierre Lemaire est né à Sallanches (Haute-Savoie) en 1948. Il commence à publier des poèmes dans les années 80 avec le soutien de Jean Grosjean et de Philippe Jaccottet. Il a reçu en 1999 le Grand prix de poésie de l’Académie française. En 2016, il publie chez Gallimard un choix de poèmes, Le pays derrière les larmes.

 

 

Jean Maison a publié de nombreux recueils de poèmes, dont récemment Le boulier cosmique (Ad Solem), qui a reçu le prix Charles Vildrac de la Société des Gens De Lettres.

 

 

Jean-Marc Sourdillon. Né en 1961. Vit en région parisienne où il enseigne la littérature en khâgne, après avoir enseigné à l'Institut français de Madrid et à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches auprès d'élèves handicapés. Ont compté pour lui d'une manière décisive les rencontres de Philippe Jaccottet à vingt ans et de l'œuvre de María Zambrano au moment de la naissance de ses enfants. Il a été façonné de l'intérieur par le paysage des Cévennes, sa région mentale découverte à seize ans et parcourue depuis en long et en large.

A soutenu une thèse de littérature comparée à la Sorbonne en 1993 sur Philippe Jaccottet et les poètes qu'il a traduits, dont des extraits ont paru ensuite dans un livre intitulé Un lien radieux (L'Harmattan, 2004). De nombreux articles sur l'œuvre de Jaccottet ont parus dans des revues, dans des dictionnaires ou des volumes collectifs. A participé à l'édition des Œuvres dans la bibliothèque de la Pléiade.

A écrit également des études sur d'autres poètes dont il se sentait proche (Jean-Pierre Lemaire, Joë Bousquet, Jean-Michel Maulpoix, Yves Bonnefoy, Boris Pasternak, Marina Tsvétaïeva, Rilke, etc.).

Ébloui par la pensée poétique de la philosophe espagnole María Zambrano, il a traduit, présenté et publié certains de ses textes (L'Inspiration continue, éditions Jérôme Million, 2006 ; La confession : genre littéraire, éditions Jérôme Million, 2007). D'autres traductions ont paru dans la revue Conférence.

Il a écrit dans la compagnie des peintres (beaux livres ou préfaces de catalogues ou d'expositions) : Gilles Sacksick surtout, et aussi Nasser Assar, Christian Gardair, Isabelle Raviolo.

Écrire a d'abord été une corde de rappel dans sa façon de vivre, avant de devenir une manière de poursuivre par à-coups sa naissance inachevée. Il pourrait mettre en exergue à tout ce qu'il écrit cette phrase de María Zambrano : "tout est révélation, tout pourrait l'être si on l'accueillait à l'état naissant". De nombreux textes en revue. Des livres : Les Tourterelles (La Dame d'onze heures, 2008) avec des encres d'Isabelle Raviolo et une préface de Philippe Jaccottet ; Les Miens de personne (La Dame d'onze heures, 2010) avec une préface de Jean-Pierre Lemaire et des lavis de Gilles Sacksick ; Dix secondes tigre (L'Arrière-pays, 2011). On pourra lire les deux entretiens avec Mathieu Hilfiger dans le magazine en ligne Recours au poème, rubrique "Rencontres" :

1- De la prédation à la déhiscence : http://www.recoursaupoeme.fr/rencontre/conversation-avec-jean-marc-sourdillon/mathieu-hilfiger

2 - Naissance discontinue  http://www.recoursaupoeme.fr/rencontre/conversation-avec-jean-marc-sourdillon/mathieu-hilfiger-0

 

 

Guillaume Steudler, né à Paris en 1980, vit en région parisienne. Après des études de droit puis d’histoire de l’art, il obtient en 2007 un diplôme en Design graphique. Il exerce depuis le métier de graphiste (presse-édition-web).

Comme beaucoup, très jeune il dessine et peint – lui ne cessera jamais de le faire. Il développe ainsi depuis longtemps une activité de plasticien, où se mêlent, sur des formats et des supports très divers, des techniques traditionnelles (acrylique, aquarelle, encre, pastel, crayon, feutre, stylo, plume) et d’autres plus modernes (transfert de papiers imprimés et de lettrages, collages, photomontage), sans qu’aucune frontière ne parvienne à les séparer. Car Guillaume Steudler opère sur lui un travail mental de décapage progressif des faux carcans, dont témoignent ses œuvres : travail par couches et plans successifs (jeux de cache-cache et palimpsestes) et mobilisation de formes récupérées sans discrimination (avec une préférence pour les animaux et les êtres les plus primitifs – coquillages, champignons ou insectes –, mais aussi les mécaniques).

En effet, pour lui, de même qu’aucun moyen ne saurait être négligé pour représenter, autant rien ne serait en soi indigne d’être représenté. Cette pratique, que l’on pourrait qualifier de « naturalisme brut », incessant work in progress, nous donne à voir la vie poétique et colorée qui agite un monde où flottent des images issues de l’enfance, comme des visions d’enfants qui auraient traversé la rigueur de l’âge adulte.